Programme Cash Plus Care/Faaba : une délégation de l’Ambassade des Pays-Bas, l’UNICEF et CARE Bénin-Togo en immersion à Gogounou et Djougou
Dans le cadre du suivi du programme Cash Plus Care/Faaba, une délégation de l’Ambassade des Pays-Bas, accompagnée de l’UNICEF et de CARE Bénin-Togo, a effectué les 12 et 13 mars 2026, une mission de terrain dans les communes de Gogounou et Djougou.
Conduite par le Chargé de Portefeuille Santé au sein de l’Ambassade des Pays Bas, cette visite vise à renforcer les échanges avec les acteurs locaux, à évaluer la mise en œuvre des activités et à recueillir les retours des communautés bénéficiaires.
Faut-il le rappeler, le programme a transféré depuis son lancement, aux ménages vulnérables plus de 3 milliards de francs CFA dans la Donga et plus de 3,5 milliards dans l’Alibori, contribuant directement au maintien des filles dans le système scolaire et au renforcement de la résilience économique des foyers contre le mariage d'enfants.
Une mobilisation inclusive des acteurs locaux
À Gogounou, la délégation est accueillie d’une part par le maire et ses adjoints dans son bureau et d’autre part par les acteurs locaux (les filles bénéficiaires, les enseignants, les comités de veille et les parents) réunis dans la cour de l’EPP Gogounou Quartier. Les échanges sont francs et chaque acteur raconte comment le programme a changé son quotidien.
À Djougou, les échanges ont été faits avec les responsables des services déconcentrées de l’état (directeurs départementaux des enseignement maternel et primaire, de l’enseignement secondaire et des affaires sociales, de la préfecture d’une part et d’autres part en présence des enseignants, des parents bénéficiaires, des filles bénéficiaires au CEG Partago, partageant des témoignages vibrants.
Une mission ponctuée de moments forts
La visite de
terrain a été marquée par une série d’activités majeures qui ont rythmé le
séjour de la délégation. À Gogounou, la mission a débuté par une visite de
courtoisie au maire, suivie d’une séance de validation à l’EPP Gogounou
Quartier. Les échanges se sont ensuite poursuivis avec les comités de
validation et de gestion des plaintes, ainsi qu’avec les comités de veille
villageois.
Les
bénéficiaires ont pris la parole pour partager leurs expériences, notamment à
travers les témoignages de parents sur la gestion des transferts reçus. La
délégation a également rencontré un club d’adolescents de Gogounou Quartier,
avant de visiter les salles numériques du CEG Sori (Gogounou) et du CEG1
Partago (Djougou).
À Djougou, les
discussions se sont enrichies grâce aux échanges avec les filles bénéficiaires
du CEG Partago, puis lors d’une séance de travail avec les directeurs
départementaux de l’éducation, des affaires sociales et la préfecture.
Ces différentes étapes ont permis d’apprécier la forte synergie entre les acteurs locaux et la qualité des mécanismes de mise en œuvre du programme.
Des résultats
qui parlent d’eux-mêmes
Dans les
villages visités, les discussions ont révélé des avancées concrètes et
palpables. Les enseignants parlent d’une diminution notable des abandons
scolaires, tandis que les parents témoignent de l’amélioration des conditions
de vie des ménages bénéficiaires. Les filles, elles, expliquent avec assurance
qu’elles savent désormais comment se protéger contre les mariages précoces :
elles connaissent les voies de dénonciation et les mécanismes de
protection disponibles.
Dans les foyers,
la dynamique familiale évolue. Grâce à la cogestion des transferts, les mères
échangent davantage avec leurs conjoints sur l’avenir scolaire des enfants. Ce
dialogue nouveau les valorise et renforce la cohésion familiale.
Les directeurs
des deux établissements visités confirment une hausse de l’espérance de vie
scolaire des filles. L’un d’eux témoigne : « Grâce aux
fonds reçus, les filles arrivent désormais à faire leurs
photocopies et leur rendement scolaire s’améliore. »
Les mères
racontent que la cogestion des transferts a changé la dynamique familiale :
elles dialoguent désormais davantage avec leurs conjoints sur l’avenir scolaire des
enfants, et cette implication les valorise.
Suite à cet impact observé, le point focal de l’Ambassade des Pays-Bas a
félicité les équipes du projet pour leur engagement et les succès
enregistrés de même que les parents bénéficiaires pour la bonne
utilisation des fonds. Il a encouragé les communautés à continuer
d’utiliser les transferts pour les objectifs auxquels ils sont destinés.
À propos du programme Cash Plus Care / Faaba
Pour rappel, CASH + CARE Faaba est
un programme multisectoriel financé par l’Ambassade des Pays-Bas et
appuyé techniquement par l’UNICEF pour une durée de 4 ans (2022 à 2026).
Il vise à mettre fin aux mariages d’enfants dans toutes les communes
des départements de l’Atacora, de la Donga, du Borgou et de l’Alibori
(hors Parakou).
Le volet transfert monétaire du programme mis en œuvre par CARE BENIN Togo
a pour objectif de favoriser le maintien des filles à l’école en allégeant les
charges financières des ménages. Depuis 2002, ce projet a permis la
scolarisation et le maintien de plus de 200 000 filles âgées de 9 à 15 ans dans
26 communes du Bénin.
Au cours de l’année scolaire 2024–2025, plus de 134 000 filles ont directement bénéficié du soutien de CARE Bénin-Togo. Pour l’année scolaire 2025–2026, ce chiffre est passé à 150 000 filles, confirmant l’ampleur et la progression de l’impact du programme.
Des
inquiétudes face à l’avenir du programme
Malgré les
avancées significatives observées, une préoccupation commune est revenue dans
toutes les discussions menées : la crainte de voir le programme Cash Plus Care
/ Faaba prendre fin.
Parents, filles,
enseignants et autorités départementales ont exprimé leur inquiétude avec
insistance. Pour eux, l’arrêt du financement risquerait de fragiliser les
acquis durement obtenus. Les témoignages convergent : les
transferts monétaires ont permis de maintenir les filles à l’école,
de renforcer la résilience des ménages et de transformer les dynamiques
familiales.
Le maire
de Gogounou prend la parole et rassure : « Ici, dans nos familles, il n’y aura plus de
filles en âge d’aller à l’école qui resteront à la maison. »
Ces paroles,
prononcées devant les communautés réunies, traduisent l’impact réel du
programme : une transformation silencieuse mais profonde, qui redonne aux
filles leur place sur les bancs de l’école et ouvre la voie à un avenir plus
prometteur.








Commentaires
Enregistrer un commentaire