Les petits espaces des maisons qui approvisionnent les cuisines : le projet CASCADE suscite la motivation des populations pour la sécurité alimentaire à travers les jardins de case.
Les petits espaces domestiques au service de la sécurité alimentaire
Il est huit heures trente environ
dans le village Oungbega dans la commune de Djidja. À ce moment de la journée, Élisabeth,
la trentaine captive l’attention avec une passoire et un bol dans la main. La
jeune dame s’active pour sa routine matinale quotidienne : l’arrosage du petit
jardin de case installé sur 10 m² comportant des plantes comme la tomate, le
gombo, le crincrin, l’amarante, la grande morelle. De plus en plus, les légumes
deviennent rares dans la consommation des ménages . Mais depuis deux mois que
les herbes ont cédé leur place aux légumes sur cet espace, la famille d’Élisabeth
jouit d’une diversité de plats en termes de consommation des légumes. Cette
dynamique est une nouvelle révolution qu’a lancée le projet CASCADE dans la
commune de Djidja, pour la sécurité alimentaire au sein des ménages.
L’expérience que vit Élisabeth AKPAMADOGBEHOU et sa famille semble bonne et
prometteuse et elle en témoigne : « Je n’avais jamais installé de jardin
à la maison. C’est grâce à une formation de l’ONG GRASID, à travers le projet
CASCADE, que j’ai pris cette initiative. Lors de cette rencontre, on nous a
expliqué qu’il était possible d’avoir des légumes à tout moment, même en
période de sécheresse. Ils nous ont remis des semences de différentes variétés
de légumes. De retour chez moi, j’ai lancé un petit jardin et, aujourd’hui, je
peux déjà récolter. Nous consommons désormais nos propres légumes »
Ces jardins de case, installés dans de petits espaces domestiques,
offrent aux ménages une diversité alimentaire nouvelle et renforcent la
sécurité nutritionnelle, même en période de sécheresse.
William DJEDJI, point focal du projet CASCADE à Djidja, souligne : « Pour bénéficier
de cette formation, chaque femme doit disposer d’un espace et d’un
point d’eau. Les sessions de formation ont été
animées par les acteurs de la cellule communale de l’ATDA.
Chaque relais communautaire a ensuite été
mandaté pour assurer un suivi de proximité
auprès des femmes à la base. La cellule
communale de l’ATDA assure également le suivi-conseil
auprès des participantes. »
Des légumes sains pour une
alimentation saine.
Assurer la résilience des ménages face aux chocs climatiques est l’un
des objectifs clés du projet CASCADE. Pour y parvenir, le projet encourage une
production saine, fondée sur l’utilisation de méthodes naturelles respectueuses
de l’environnement. Dans les zones d’intervention, lesparticipantes au
projet accordent une attention
particulière à cette recommandation.
Chez Élisabeth, à Oungbéga, la fertilisation du jardin de case se fait
grâce aux déjections des moutons issus du cheptel familial. Chaque jour,
Élisabeth, avec l’appui de son mari, collecte ces déjections qui sont ensuite
utilisées au pied des plants du jardin. Le couple est conscient que cette
démarche peut garantir à la famille un meilleur bien-être à travers une
alimentation saine.
Nestor SEGLE, mari d’Élisabeth, soutient pleinement l’initiative et témoigne : « Ma femme utilise les feuilles de manguier et les déjections des moutons sur les planches. J’ai remarqué que les légumes poussent très vite. C’est ce qu’on nous a enseigné dans le cadre du projet CASCADE. Et je la soutiens parce que cela fonctionne très bien. »

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