Lomé accueille l’atelier de validation de l’étude de base du projet EP2F pour promouvoir les droits des femmes en entreprise
Dans le cadre de
la mise en œuvre du projet « Les Entreprises s’engagent pour la Protection des
Femmes et des Filles (EP2F) », un atelier de validation de l’étude de base
s’est tenu le 23 juin 2026 à Lomé, réunissant l’ensemble des parties prenantes
engagées dans la promotion de l’égalité de genre et des droits humains en
milieu professionnel.
Un projet
ambitieux pour une transformation durable des entreprises
Financé par
l’Union européenne et conduit par le consortium composé de CARE France, CARE
Bénin/Togo, GF2D et NADDAF, le projet EP2F s’inscrit dans une dynamique de
transformation des pratiques professionnelles au Togo. Lancé en 2025 pour une
durée de 36 mois, il vise à renforcer l’engagement des entreprises en faveur de
la protection des femmes et des filles dans quatre régions du pays : Maritime,
Plateaux, Centrale et Kara.
Ce projet répond
à un constat préoccupant : malgré l’existence d’un cadre légal relativement
avancé en matière de droits humains au travail, les discriminations et
violences envers les femmes persistent dans les entreprises. Accès limité à
l’emploi, inégalités salariales et violences psychologiques ou sexuelles
demeurent des réalités auxquelles font face de nombreuses travailleuses.
Un atelier
participatif et inclusif
L’atelier de
validation a réuni près de 40 participants, issus d’institutions publiques, du
secteur privé, des organisations de la société civile, ainsi que des
partenaires techniques et financiers.
Parmi les
participants figuraient notamment des représentants de ministères, du Conseil
national du patronat, de la Chambre de commerce, des grandes entreprises, des
organisations syndicales, ainsi que des associations de femmes cheffes
d’entreprise.
L’approche
adoptée a été résolument participative. Après une présentation des résultats de
l’étude par l’équipe technique, les participants ont pris part à des échanges
en plénière, suivis de travaux de groupe visant à analyser le rapport,
identifier ses insuffisances et proposer des améliorations.
Vers des
entreprises plus inclusives et responsables
À travers ce
processus, le projet EP2F ambitionne de faire de la Responsabilité sociétale
des entreprises (RSE) un levier stratégique de compétitivité et de respect des
droits humains.
L’accompagnement
prévu inclut notamment des formations et des actions de sensibilisation auprès
des entreprises afin d’encourager l’adoption de pratiques inclusives et
respectueuses des droits des femmes. Par ailleurs, le projet entend renforcer
les capacités des organisations de la société civile pour soutenir cette
transformation.
Une étape
décisive pour la mise en œuvre du projet
La validation de
l’étude de base constitue une étape cruciale dans la mise en œuvre du projet
EP2F. Elle permettra de disposer d’un document de référence solide pour
orienter les actions à venir et mesurer les progrès réalisés en matière de
promotion des droits des femmes et des filles dans le secteur privé.
Alain TROUKOU, représentant le consortium du
projet, a remercié l’Union Européenne pour son
appui et salué l’engagement constant des institutions publiques, du secteur
privé et des organisations de la société civile, dont la présence témoigne de
l’intérêt collectif porté à cette initiative.
À ce sujet,
Marielle DEGBOE, coordinatrice du programme Genre et Justice Économique à CARE
Bénin/Togo, précise :
« L’étude de
base réalisée dans le cadre du projet EP2F nous a permis d’avoir une vue globale
de la responsabilité sociétale des entreprises au Togo, avec un focus sur les
droits des femmes en milieu professionnel. Nous constatons que les très petites
et petites entreprises restent encore peu engagées sur ces questions,
contrairement aux moyennes et grandes entreprises qui présentent un niveau
d’avancement plus notable. Cette étude nous montre surtout qu’il est important
d’aller au-delà de la sensibilisation pour mettre en place des mécanismes
concrets afin d’améliorer les conditions de travail des femmes. Elle met
également en évidence la nécessité de renforcer les capacités des organisations
de la société civile pour mieux accompagner les entreprises, en s’appuyant sur
les bonnes pratiques existantes.
Au total, 320 entreprises ont été touchées dans quatre régions du pays. »
Niccolò
Maracchi, représentant de l’Union européenne, précise :
« Je suis ici
en tant que représentant de l’Union européenne pour participer à cet atelier de
validation de l’étude de base du projet EP2F, que nous finançons avec nos
partenaires. Je tiens à saluer l’engagement de tous les acteurs mobilisés pour
la promotion des droits des femmes et des filles au travail au Togo.
Je reconnais les avancées juridiques importantes du pays ces dernières années,
mais je constate aussi que des défis persistent, notamment en matière
d’inégalités, de discrimination et de violences dans les entreprises.
À travers ce projet, nous voulons travailler avec le secteur privé pour faire
de la responsabilité sociétale des entreprises un levier de changement. Cette
étude constitue un point de départ essentiel, et cet atelier nous permet de
valider ensemble ses résultats pour en faire une base commune de travail.
J’invite donc toutes les parties prenantes à s’impliquer activement afin de
faire des entreprises des cadres plus sûrs, justes et inclusifs pour tous.
»
La
représentante du ministère de la solidarité, Madame
TITIKPINA Aissatou, précise :
« Aujourd’hui,
il est important de mobiliser davantage le secteur privé pour prévenir les violences,
promouvoir l’égalité et garantir des environnements sûrs pour les femmes et les
filles, avec l’appui essentiel de la société civile. L’étude présentée permet
d’évaluer les engagements actuels et d’identifier les actions à renforcer.
La validation de ce document est un moment clé d’échange et d’amélioration
collective, grâce aux contributions de chacun. L’objectif est d’aboutir à un
rapport de référence pertinent et partagé, en comptant sur une participation
active de tous. »
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